La sérialisation a transformé la fabrication pharmaceutique.

Elle a amélioré la traçabilité, renforcé la conformité réglementaire et permis une visibilité complète des produits tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Mais pour de nombreux fabricants, la sérialisation a aussi introduit un enjeu moins discuté : la friction opérationnelle.

Lors d’un récent webinaire animé par OPTEL et Robotiq, des experts en automatisation ont exploré un défi auquel de nombreux sites pharmaceutiques sont désormais confrontés :

Comment retrouver l’efficacité de production après que la sérialisation et l’agrégation aient ralenti les lignes ?

La réponse se trouve en fin de ligne : avec la palettisation.

La sérialisation a résolu les enjeux de conformité, mais a transformé la dynamique des lignes
Selon Olivier Laboissonniere, expert en automatisation, la sérialisation n’a pas seulement ajouté des systèmes de suivi.
Elle a fondamentalement changé le fonctionnement des lignes d’emballage.
Avant la sérialisation, les lignes étaient principalement des systèmes orientés flux. Aujourd’hui, elles sont souvent devenues des systèmes orientés gestion des exceptions, nécessitant davantage de :
Changements opérationnels
01
Validations système
02
Interventions opérateurs
03
Communication entre équipements
04
Contrôles d’agrégation
05
Actions de dépannage
Le résultat : davantage de micro-arrêts, une reprise plus lente après interruption et une plus grande variabilité des performances de ligne.
OPTEL estime que les fabricants subissent généralement une baisse de 5 à 10 % de l’efficacité globale des équipements (OEE) après la mise en place de la sérialisation, certains cas atteignant jusqu’à 30 %.

Pourquoi la palettisation est devenue un goulot d’étranglement
De nombreuses lignes pharmaceutiques sont fortement automatisées en amont.

Mais les opérations en aval (particulièrement la palettisation ) restent souvent manuelles.

60–80%
Selon Olivier, entre 60 % et 80 % des opérations de palettisation sont encore réalisées manuellement dans de nombreuses usines pharmaceutiques.
Cela crée plusieurs risques opérationnels :
Qualité de palettes inconstante
Erreurs d’agrégation
Arrêts liés à la manutention manuelle
Dépendance à la main-d’œuvre
Goulots d’étranglement en fin de ligne
Reprises et investigations supplémentaires
Exemple

Un exemple simple illustre bien le problème :

Un système de sérialisation peut suivre correctement chaque caisse sur la ligne. Mais si les opérateurs palettisent les produits de manière incohérente ou placent incorrectement des caisses rejetées, l’intégrité de la traçabilité peut rapidement être compromise.

C’est pourquoi de plus en plus de fabricants se tournent vers les systèmes de palettisation avec robots collaboratifs (cobots).
Pourquoi les cobots sont adaptés à la fabrication pharmaceutique - optel

Pourquoi les cobots sont adaptés à la fabrication pharmaceutique

Les robots de palettisation traditionnels peuvent être volumineux, complexes et difficiles à déployer dans des environnements pharmaceutiques validés.

Les cobots offrent une approche différente.

En pharma, la palettisation est aussi un enjeu de données - optel

En pharma, la palettisation est aussi un enjeu de données

L’un des messages les plus importants du webinaire était le suivant :

Automatiser la palettisation ne suffit pas.

Dans l’industrie pharmaceutique, la palettisation doit rester étroitement connectée aux systèmes de sérialisation et d’agrégation.

Comme l’explique Olivier :

« Si vous automatisez la palettisation sans gérer correctement l’agrégation, vous n’éliminez pas les erreurs. Vous les automatisez simplement plus rapidement. »

Un exemple concret de retour sur investissement

OPTEL a partagé le cas d’un client opérant une ligne pharmaceutique à faible volume avec 25 SKU et des changements fréquents.

Pourquoi de nombreux fabricants commencent par la palettisation

Point d’entrée pratique
La palettisation est devenue l’un des points d’entrée les plus pratiques vers l’automatisation, car elle permet d’obtenir un impact mesurable sans refonte complète de la ligne d’emballage.
Selon les intervenants du webinaire, les projets de palettisation sont particulièrement attractifs parce qu’ils sont :
faciles à contenir opérationnellement
plus simples à valider
rapides à déployer
directement liés à l’amélioration du TRG
moins risqués qu’une transformation complète de ligne
Pour de nombreux sites pharmaceutiques, il s’agit de l’une des opportunités les plus concrètes pour récupérer l’efficacité perdue après la sérialisation.

Conclusion

Le webinaire met un point en évidence :

L’avenir du conditionnement pharmaceutique ne sera pas seulement automatisé. Il sera intégré. Et cette intégration commence de plus en plus par une palettisation plus intelligente.