La traçabilité prédominante dans l’industrie des aliments et boissons pour combattre la fraude, selon une étude

Une nouvelle étude pancanadienne a révélé que la plupart des joueurs de l’industrie se tournent vers les systèmes de traçabilité pour chaînes d’approvisionnement, puisqu’il s’agit de l’outil le plus efficace et sûr pour combattre la fraude alimentaire.

Le sondage en ligne, mené entre octobre 2017 et avril 2018, impliquait 398 producteurs, transformateurs, distributeurs et détaillants provenant de partout au Canada et a été effectué par CIRANO, en collaboration avec l’INAF (Université Laval) et CRIBIQ. Il a été financé en partie par un partenaire d’OPTEL, NSF International, un organisme de certification indépendant et accrédité dont la mission consiste à protéger et à améliorer la santé publique, à l’échelle internationale.

Un rapport sur les résultats récemment publié a révélé que la traçabilité pour la chaîne d’approvisionnement est considérée comme la pratique la plus efficace pour la prévention de la fraude alimentaire. En effet, 72 % des entreprises ont affirmé qu’ils y avaient eu recours.

« Cette proportion s’élève même à 94 % si l’on considère les transformateurs seulement », précise Ingrid Peignier, co-auteure du rapport, et gestionnaire de projet et directrice relations partenaires et communications pour CIRANO.

Les auteurs du rapport expliquent que, bien que 68 % des répondants considèrent que leurs connaissances des mesures de prévention de la fraude varient de moyennes à très avancées, les techniques de détection sont moins connues et ne sont pas implantées à aussi grande échelle.

« Le fait que les entreprises de la chaîne agroalimentaire canadienne aient implanté certaines mesures alors que d’autres auraient été bien meilleures, comme un système de traçabilité, nous laisse perplexes. Par exemple, l’analyse de vulnérabilité est la troisième pratique la plus efficace, mais seulement 36 % des entreprises l’utilisent », explique le co‑auteur Samuel Godefroy, professeur à l’Université Laval, ajoutant que l’implantation de ce genre de mesures peut être perçue comme trop dispendieuse, en termes de coûts, de temps et de ressources.

Une bonne solution pour mitiger la fraude alimentaire n’a pas besoin d’être coûteuse et s’avérera bien plus abordable que l’autre option, réfute Louis Roy d’OPTEL.

« On estime que la fraude alimentaire coûte entre 10 et 15 milliards de dollars chaque année à l’industrie des aliments et boissons.»

«Un système de traçabilité couvrant la chaîne d’approvisionnement du début à la fin peut garantir l’authenticité, l’intégrité et la qualité de quelque produit que ce soit, ce qui réduit amplement les risques financiers dans l’industrie. »

Il est intéressant de voir que, alors que la majorité des répondants au sondage croient qu’ils comprennent très bien le concept de la fraude alimentaire – de fausses informations sur l’étiquette, la substitution d’un produit ou de ses ingrédients, l’utilisation d’ingrédients non-approuvés, la contrefaçon d’une marque, le concept d’un emballage ou d’une recette, etc. – seulement 43 % d’entre eux sont confiants ou très confiants en leur capacité à détecter la fraude.

Selon les résultats du sondage, les répondants ne connaissent pas beaucoup les règlementations et sont peu confiants en la gestion de ce problème par le gouvernement. En effet, 34 % d’entre eux ont affirmé que leur connaissance des règlementations fédérales est limitée ou très limitée, 40 % en ont dit autant des règlementations provinciales, et aussi peu que 22 % ont déclaré qu’ils faisaient un peu ou très confiance au gouvernement en ce qui concerne la gestion de la fraude alimentaire.

« La fraude alimentaire est un véritable défi pour cette industrie et notre enquête nous a aidés à mieux comprendre les problèmes dans l’industrie agroalimentaire et leurs inquiétudes par rapport à la fraude, en plus de documenter les pratiques de différents intervenants pour la prévention et la détection de la fraude », conclut la co-auteure Nathalie de Marcellis-Warin, présidente et DG chez CIRANO et professeure à Polytechnique Montréal.

Selon le président et fondateur d’OPTEL, Louis Roy, le rapport démontre une fois de plus l’importance des technologies de traçabilité que développe OPTEL, pour créer des chaînes d’approvisionnement plus intelligentes pour l’industrie des aliments et boissons et autres industries.

« Nous savons que la traçabilité est la solution parfaite pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement partout dans le monde et prévenir les crises de santé publique évitables, comme la contamination des aliments et la contrefaçon des produits pharmaceutiques », raconte Roy.

« Grâce à leur capacité à retracer des produits en temps réel tout au long de leur cycle de vie et à détecter toute anomalie lors de leurs déplacements dans la chaîne d’approvisionnement, les technologies de traçabilité apportent un autre élément de sécurité pour mitiger la fraude alimentaire et restaurer la confiance du public et de l’industrie. »

Fondé en 1944, NSF International est un organisme indépendant international situé à Ann Arbor, MI, s’occupant de la conception de normes et effectuant des tests sur des produits, en plus de les certifier. Œuvrant dans les industries de l’eau, des aliments, des sciences de la santé et des biens de consommation, NSF cherche à minimiser les effets néfastes sur la santé et à protéger l’environnement. L’organisme offre aussi des services d’expertise dans la fraude alimentaire, par l’entremise de son centre NSF Global Center of Excellence in Food Fraud.

Opérant dans plus de 165 pays, NSF est accrédité par l’American National Standards Institute (ANSI) et est un Pan American Health Organization/Centre collaboratif de l’Organisation mondiale de la santé pour la sécurité des aliments, la qualité de l’eau et l’environnement intérieur.

La certification NSF sur des produits démontre qu’ils respectent toutes les normes en vigueur et les inspections périodiques de NSF à l’improviste et leurs tests sur les produits permettent de vérifier qu’ils sont toujours conformes aux normes.

Lien vers l’étude sur la fraude alimentaire

 

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