Pour en finir avec les rappels sur la laitue romaine Contamination à l'E. coli

L’éclosion d’infections à la bactérie E. coli associées à la laitue romaine, ça vous dit quelque chose? J’espère que oui, car, en fait, c’est la deuxième fois en un an que le problème réapparaît et, depuis le 15 décembre dernier, les laitues vertes et rouges et les choux-fleurs se sont ajoutés à la liste.

Il ne fait aucun doute que l’épidémie sévit depuis beaucoup trop longtemps. En effet, l’Agence de la santé publique du Canada a commencé à parler d’une contamination à l’E. coli des laitues romaines dès décembre 2017, puis une deuxième fois, près d’un an plus tard et des laitues rouges et vertes et des choux-fleurs cette fin de semaine. Mais pourquoi n’est-ce pas encore réglé?

Peut-être l’avons-nous oublié, car nous en entendons parler depuis trop longtemps, mais rappelons‑nous que c’est la sécurité de la population qui est en jeu, et que les répercussions financières sont aussi bien réelles. Selon le Wall Street Journal, depuis mai 2018, les ventes de laitue romaine ont chuté de 45 % et les prix ont baissé de 60 %, sans parler des milliers de têtes de laitue bonnes pour la poubelle. Conséquemment, les producteurs nord-américains ont perdu 71 millions de dollars américains en 2018. Les impacts sur l’environnement sont aussi très inquiétants, puisque toutes ces laitues produites et transportées, pour être ensuite jetées, tarissent nos ressources.

Le risque. Comment l’évaluer? Quel outil d’aide à la décision existe actuellement pour le consommateur? La réponse est… trop peu. Ce genre d’épidémie risque de se reproduire encore et encore, sauf si nous changeons le processus complet.

À l’aide des technologies de traçabilité, la chaîne d’approvisionnement des aliments peut devenir plus transparente et connectée. Le produit pourrait contenir un code à barres sur son emballage, régi par Santé Canada et l’Association québécoise de la distribution de fruits et légumes, et le consommateur pourrait capter le code à barres automatiquement avec son téléphone intelligent. Il obtiendrait alors la confirmation que cette laitue n’est pas touchée par un rappel ou une «mise en garde», qu’elle a été cultivée, par exemple, en serre en Montérégie par un certain M. Blouin, en plus des informations sur les pratiques agricoles durables.

L’Agence canadienne d’inspection des aliments, par l’entremise de Santé Canada, pourrait et devrait exiger que la traçabilité des produits alimentaires soit beaucoup plus complète et accessible. Dans les derniers mois, Santé Canada a fait un pas dans cette direction en demandant à ce que la provenance et le type de culture soient écrits sur l’emballage des laitues, mais il faudra aller plus loin pour regagner la confiance des consommateurs. L’Agence doit resserrer les normes, pour obtenir le plus d’informations possible sur ce que nous mangeons et assurer la sécurité publique.

Ce nouveau rappel nous prouve que le problème persiste et que nous devons changer nos pratiques actuelles. Nous vivons dans un monde de plus en plus connecté et la tendance du numérique ne va que s’accélérer. Utilisons les technologies de traçabilité pour rassurer les consommateurs de l’innocuité des produits — pour leur raconter leur histoire ainsi que pour diminuer l’ampleur des rappels et du gaspillage alimentaire.

Je vous souhaite à tous de joyeuses Fêtes et de n’avoir aucun doute sur le contenu de votre assiette!

Vanessa Grondin, v.-p. Industrie des aliments et boissons, Groupe OPTEL